AvidementPhotographie :lecirqueinvisibilie

AvidementPhotographie :lecirqueinvisibilie
J'ai faim.
Il n'y a là ni métaphore, ni personnification. Pas d'amour, de dégoût, de mélancolie. Ce n'est pas un enfantillage de fille gâtée par la vie qui ne sait plus reconnaître la souffrance.Cette faim là, ce creux dans mon estomac, laissant comme un immense vide dans l'incapacité d'être comblé, c'est une faim réelle. Matérielle. Nutritive. J'ai soif de boissons lourdes, de jus pesants qui se déverseraient dans mon ½sophage. Je veux de la matière, épaisse et gavante. Ces images de nourriture me suivent partout m'oppressant de graisse et de beurre. Mes pensées se font indigestes. J'étouffe sous mon poids. Mais mon envie ne s'éteint pas. Ma carence visqueuse m'enveloppe. Je suis adipeuse, empâtée, grasse. Mais ce trou dans mon ventre, cette crevasse s'emplissant de jour en jour, elle ne ternit pas. Elle résiste à la pureté du blanc, du vide, du pure. Ce manque réclame la saleté, ce manque devient visqueux.
Je me dégoûte.

# Posté le dimanche 22 novembre 2009 16:12

Modifié le vendredi 27 novembre 2009 15:29

court long petit éphémère instantané maintenant toujours à jamais un peu un jour lentement furtif éternel passager fugace ici suite temporel intemporel cent sans sang perpétuel mortel immortel infini fin lendemainPhotographie : e-bz

court long petit éphémère instantané maintenant toujours à jamais un peu un jour lentement furtif éternel passager fugace ici suite temporel intemporel cent sans sang perpétuel mortel immortel infini fin lendemainPhotographie : e-bz
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Tu ne peux pas le rattraper. Le saisir de tes deux mains ne servirait à rien, il s'écoulerait lentement entre tes doigts et tu le verrais s'éloigner. Tu veux tout arrêter, une seconde, un instant, histoire de vivre et de sentir ton c½ur battre, encore, puis encore.
Être immortelle, tu en meurs d'envie, tu en crèves d'avidité. Tu donnerais tous il me semble pour cette sensation de fureur en toi. Étouffer, la crainte de tout oublier, d'un jour voir tes souvenirs et tes sensations lentement s'éteindre au fin fond de ton âme. La douleur, la peine, les étreintes qui s'achèvent, même ça tu ne l'accorderas jamais. Je sais ce que cela fait de bondir en fuyant son avenir pour se précipiter vers le passé. D'avancer une patte devant l'autre sans rien pouvoir faire. On ne contrôle pas ses gestes, on a peur de tout ce qu'il y a devant nous, les belles choses, celles qui nous dégoûte et nous rende incertain des hommes et de leur humanité. On trébuche sur les insultes, la cruauté. On ne comprend pas le monde dans lequel on vit, tous ces êtres qui semblent se déchirer et qui débattent inlassablement du bien et du mal, alors que la vie est courte et qu'aucun de nous n'a le pouvoir de rester indéfiniment.
On peut donner son nom à une rue, à un hôpital, faire de la charité, sauver des vies, sauver une vie, donner la vie. On peut ne jamais avoir de regret, ou au contraire mourir, pourris par les erreurs qu'on a pu commettre.
Mais au fond, tous ces actes que tu commets ici bas, ont ils de la valeur ? Être heureux ici et maintenant, bien sur ce n'est pas négligeable et ça ne le saura jamais, mais cela va-t-il te sauver. Oui, tu auras le bonheur, la passion si tu réussis ta vie, mais pour combien de temps ? Quatre vingt six ans tout au plus. Encore quatre vingt six ans de vie devant toi ?


Je crois que tu peux t'écrouler ici.

# Posté le vendredi 20 novembre 2009 18:10

Modifié le vendredi 27 novembre 2009 15:14